De retour à Poésie

Clément Le Gallo et Rose Moreau

Récession Nocturne Résurrection

15,90

Ce recueil de poésie est une ôde à l’amour, aux femmes et à la sauvagerie humaine, un réservoir de sensations et d’explorations.

 

Préface de Paul Kendirgi

Toute poésie est toujours suspecte de passer continuellement à côté de la vie. Écrire un poème, c’est comme chercher à saisir un moment dans ce qu’il a de vivant pour n’en exprimer que ce qu’il a de mort : le moment tel qu’il s’est passé, vu de l’extérieur, et non tel qu’il a été vécu dans la chair indicible. Qui préfèrera un poème d’amour à être amoureux ?

Les poèmes qui suivent ne cherchent pourtant pas à capturer le vivant pour le disséquer sur papier comme tant d’autres : ils sont en eux-mêmes vivants. Ils ne relatent aucun moment vécu, car ils sont en eux-mêmes un moment à vivre, où le poète ne parlant pas du corps en général, mais de sa chair, mobilise celle du lecteur.

Chaque poème est accompagné d’un dessin dichrome. Nous disons bien accompagné, car ces derniers ne viennent pas seulement illustrer les écrits comme un simple écho visuel à la parole : ils les prolongent, les éclairent de leur lumière noire et envoûtante. Commence ainsi un dialogue, un va-et-vient entre le trait blanc qui esquisse les corps et le trait noir qui pose les mots.

À l’image de ces poèmes, les illustrations exhalent un imaginaire nocturne où la nuit est transfigurée d’une lumière sensuelle, cette même lumière ambivalente qui éclaire les rêves. Si cette atmosphère onirique peut en effet prendre la forme d’un symbolisme foisonnant qui illumine chaque corps d’une aura, elle peut aussi conférer aux êtres une inquiétante étrangeté comme ces figures sans visage qui hantent les ténèbres. À cette dualité de la nuit s’ajoute l’exploration de différentes spatialités. Certaines scènes expriment l’intimité du corps, ses plaisirs et ses tourments, ses chairs qui s’enlacent et celles qui se noient. D’autres, à l’inverse, célèbrent les ailleurs, les orients pittoresques, les mythologies exotiques. Le dessin ici encore accompagne les poèmes jusque dans les lieux évoqués en leur donnant vie.

Cette oscillation entre l’intime et l’ailleurs, entre la nuit mystique qui donne aux corps l’éclat du désir et la nuit sourde qui engloutit les fantasmes, épouse parfaitement les ambivalences des poèmes. Sortant de la chair de l’auteur, ces derniers sont comme lui traversés


Isbn

9782310052856

Nombre de pages

142

Versions

Papier

Genre

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Clément Le Gallo vit à Nantes et s’amuse à créer quelques mélodies, depuis son cabanon assiégé d’objets plus inutiles les uns que les autres. Grand endormi le jour et renard sauvage lorsque le soleil fuit, il dépense beaucoup de temps à cogiter et beaucoup d’argent en sorties. Illustrant par des mots ses émotions et ses bizarreries, éternel rêveur, il dût hélas renoncer à sa folle envie de voler, les échecs du haut de son premier étage l’obligeant à se concentrer sur la recherche sonore et l’imbrication de mots. Rose Moreau habite à Bruxelles, dans une petite rue fleurie par les cerisiers japonais, face à l’église. Elle y peint et y dessine, lorsqu’elle ne sort pas pour servir des bières aux habitués du bistrot de la rue, manger une frite ou admirer quotidiennement le renard familier au quartier. Éprise d’un amour considérable pour la mer, elle redescend régulièrement de Belgique en barque, afin de revoir l’estuaire et sa Loire bien encrassée. Ses histoires sont retranscrites par le pinceau, la couleur, le bidouillage et le bavardage.