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Interview avec Claire A. Poulin, auteure aux Éditions Amalthée

Présentation et parcours de l’autrice

Pouvez-vous vous présenter ?
Je suis Claire Poulin, une Canadienne « pure laine », comme on dit. Je suis actuellement à la retraite après une carrière que j’ai adorée. Comme j’aimais beaucoup voyager (et mon conjoint aussi), après des études en lettres et en communication, j’ai d’abord fait de la coopération internationale (en République dominicaine et en Tunisie) pour ensuite entrer au ministère des Affaires étrangères du Canada. J’ai aussi eu l’honneur de travailler au Parlement du Canada comme directrice générale des Affaires internationales et interparlementaires et chef du Protocole. Comme diplomate, j’ai été postée d’abord en Argentine et en France pour ensuite agir comme ambassadrice dans les Pays baltes, le El Salvador et en Uruguay. Pendant tout ce temps, je n’ai jamais cessé d’écrire… Alors, à la retraite, j’ai décidé de poursuivre l’écriture.

Comment avez-vous découvert les Éditions Amalthée ?
C’est via une publicité en ligne que j’ai appris l’existence de cette maison.

Qu’est-ce qui vous a motivée à publier votre ouvrage avec les Éditions Amalthée ?
Ce qui m’a motivée à contacter les éditions Amalthée, c’est que cette maison était à la fois présente en France et au Canada. Et, ce qui m’est apparu super important, c’est qu’elle avait un distributeur au Canada. Une première expérience de publication avec une autre maison française m’avait quelque peu déçue étant donné que mon premier roman ne pouvait pas être publicisé au Canada. De plus, on m’a assuré que les livres vendus au Canada étaient aussi imprimés au Canada. Du point de vue écologique, cela est très important.


La genèse du livre

Qu’est-ce qui vous a inspirée pour écrire ce roman ?
Avant de faire de la coopération et de joindre le ministère des Affaires étrangères, mon conjoint et moi avons aussi beaucoup voyagé. Et, comme je suis à la retraite, que j’ai envie d’écrire et que j’en ai le temps, je me suis dit que raconter à travers un roman quelques-unes de nos aventures pourrait intéresser les lecteurs… Mais d’abord et avant tout, je dois le dire, coucher sur papier ces bouts de vie, je me suis dit que cela en vaudrait sans doute la peine, ne serait-ce que pour ne pas oublier et pour revivre en quelque sorte la fascination de ces années de périples que nous avons tellement appréciées.

D’où vous est venue l’idée de raconter ce tour du monde à travers le regard d’un personnage en convalescence ?
Lorsque l’on débute un projet d’écriture comme celui-là, il faut d’abord se faire un plan, camper nos personnages et décider si cela se fait au passé, au présent ou au futur. Est-ce qu’on fait des retours en arrière, etc. Dans ce cas précis, il appert que mon conjoint et moi, très souvent, avant d’ouvrir les yeux le matin, alors qu’on vient de se réveiller, on se demande dans quel pays on aimerait être… Cette petite routine m’a inspirée car je me suis dit que mon personnage principal (mon conjoint), qui venait de subir une opération importante, aimerait bien faire un retour en arrière afin de mieux saisir les points forts de son existence. Voilà !

Pourquoi avoir choisi de mêler récit de voyage, introspection et histoire d’amour dans un même ouvrage ?
En fait, c’est parce que c’est vraiment ce qui nous est arrivé. C’est d’ailleurs ce pourquoi j’insiste sur présenter mon écrit comme un « récit romancé ». Il s’agit bel et bien d’aventures de voyage que nous avons vécues, nous, les amoureux de toujours, mais c’est moi qui « romance » l’histoire, qui décide de la trajectoire et fais en sorte que celui qui s’exprime fasse son introspection.


Sur l’ouvrage et son univers

Pouvez-vous nous présenter votre roman en quelques mots ?
Au début des années 80, le protagoniste de mon roman, Gaston, et sa conjointe, Aline, font leurs thèses de doctorat à l’Université d’Aix-en-Provence. La thèse de Gaston (dont le titre est Le monde est parallèle) est une thèse filmique qui porte sur les enfants et leurs milieux à travers le monde. Pour prouver cela, il leur faut donc entreprendre un long voyage qui les amènera dans plus d’une cinquantaine de pays.

À leur retour à Aix, c’est le directeur de thèse de Gaston qui lui dira : « Gaston, je vous ai suivi, vous avez fait votre tour du monde en 80 semaines. Pas 80 jours, comme dans le récit de Jules Verne, mais exactement en 80 semaines ! » Quel hasard !

Alors, les lecteurs(trices) voyageront sans doute avec Gaston et Aline tout au long de ce récit et découvriront, avec entrain je l’espère, les péripéties que cela représente.

Comment décrivez-vous votre personnage principal, Gaston ?
C’est un homme qui raconte son vécu, sa jeunesse, son adolescence et sa première rencontre amoureuse avec Aline. Puis, comme c’est avec elle qu’il a décidé de voyager, s’engage un chemin de vie incomparable et magnifique qui ne peut laisser personne indifférent. D’emblée, je crois qu’on comprend Gaston et qu’on l’aime car il met à nu ses pensées et réflexions sur la vie.

Le roman repose sur une histoire d’amour forte entre Gaston et Aline. Quelle place occupe cet amour dans le récit ?
Il était important pour moi de démontrer que le monde peut vivre en paix, que l’amour peut mener des gens à accomplir bien des choses. Tout cela, dans le respect de l’autre. De nos jours, plusieurs ouvrages reflètent la violence. Pour moi, cela n’a pas sa place. Je pense que raconter une histoire d’amour a plus d’importance et peut davantage influencer de manière positive les jeunes d’aujourd’hui.

Votre livre traverse de nombreux pays et cultures. Qu’avez-vous voulu transmettre à travers cette diversité ?
Transmettre que le monde est parallèle. Que partout, dans tous les pays du monde, les jeunes jouent, vont à l’école, partagent de beaux moments en famille, font la fête et s’expriment à travers leurs créations. Il est vrai que chaque pays a sa manière de faire et beaucoup de cela dépend de la religion, des traditions et des lieux où l’on vit. Alors, le décrire de manière colorée et attrayante, je crois que cela est bien positif. C’est ce que j’ai voulu transmettre.

Le voyage est à la fois géographique et intérieur. Était-ce important pour vous d’explorer cette double dimension ?
Oh que oui ! Chaque individu réfléchit sur son monde, celui qui l’entoure, bien sûr, mais aussi et surtout celui qu’il perçoit à l’intérieur de lui. Lorsque l’on voyage, on rencontre des gens, on partage des moments spéciaux, on se fait des ami(e)s. Mais, après coup, on en fait aussi des déductions, on en conserve des souvenirs, on emmagasine en soi des leçons de vie. Il est donc important de faire ses propres constatations et de s’en enrichir.

Les rencontres humaines occupent une place centrale. Y a-t-il une scène ou une rencontre qui vous a particulièrement marquée ?
Plusieurs, mais je voudrais mentionner une de celles qui a une grande importance dans mon livre. Dans le premier pays que visitent mes personnages hors de l’Europe, le Maroc, il y a cette visite à l’ambassade du Canada à Rabat. Par un hasard incroyable, ils rencontrent le chef de mission de ladite ambassade. Celui-ci influencera tout le parcours de nos voyageurs, non seulement en Afrique, mais aussi dans les autres régions du monde. C’est à partir des recommandations qui leur auront été faites que les héros de mon roman iront d’un pays à l’autre en s’inscrivant auprès de toutes les ambassades afin de sécuriser leur voyage. C’est d’ailleurs aujourd’hui ce qui est recommandé à tous les voyageurs.

Le récit aborde aussi des moments plus difficiles comme le danger ou la vieillesse. Pourquoi est-il important de les intégrer ?
Parce que je pense que cela fait partie du parcours de l’être humain. La vie commence, se déroule, parfois assez rapidement, mais aussi se termine. La mort fait partie de la vie. Pour tout être humain, cela doit être perçu, compris et, finalement, accepté. C’est pourquoi il faut vivre intensément chaque petit moment de bonheur que la vie nous offre et, je le répète, toujours dans le respect des autres. On vit en société. Il faut donc vivre avec l’autre. Mon roman est en quelque sorte un fidèle témoin de ce que peut être l’existence humaine. Traverser le Sahara aux risques et périls de sa vie, éviter de justesse une collision avec un train ou échapper à la violence d’une manifestation, tout cela fait partie de ces moments difficiles. L’action romanesque en tire en quelque sorte profit, n’est-ce pas ?

Votre roman se termine sur une forme de retour au calme et de bilan de vie. Quel message souhaitez-vous laisser au lecteur ?
Que le monde dans lequel nous vivons est véritablement « parallèle », que chacun(e) de nous doit contribuer à ce qu’il soit vivable, c’est-à-dire qu’il soit paisible, qu’on puisse y vivre ensemble et en paix. J’espère que ce « récit romancé », comme j’aime le décrire, fera réfléchir et sera inspirant pour celles et ceux qui le liront. Voilà !


L’inspiration et l’écriture

Où puisez-vous votre inspiration pour écrire ?
Je la puise surtout chez les personnes qui m’entourent ou que j’ai connues et dans des anecdotes ou aventures qui se sont déroulées autour de moi ou à certaines périodes de ma vie.

Ce récit est-il inspiré de faits réels ou d’expériences personnelles ?
Oui, tout à fait. Pour en faire une histoire courte, je dois vous raconter quelques faits qui font d’ailleurs partie de mon écrit. Par exemple, après avoir parcouru le Maghreb, traversé le désert du Sahara, être allés en Afrique de l’Ouest, du centre et être arrivés en Tanzanie, mes héros décident de vendre leur camping-car, ou plutôt de l’échanger contre des billets d’avion qui les mènent au Caire, à Moscou et à New Delhi.

Vous souvenez-vous de ce qui est arrivé au Caire le 6 octobre 1981 ? Eh bien, c’est ce jour-là où le président égyptien, Sadate, a été assassiné. Alors, le pilote de l’avion dans lequel voyageaient mes personnages a annoncé à toutes et tous que l’avion ne s’arrêtait que pour faire le plein et que tous les passagers devaient débarquer à la prochaine destination.

Gaston et Aline, mes personnages, se sont donc retrouvés en Russie sans avoir de visas (car ils devaient les prendre lors de leur séjour en Égypte). Ils ne purent donc pas sortir de l’aéroport et on a assigné un garde armé d’une Kalashnikov devant la porte de leur chambre d’hôtel située dans l’aéroport.

Lorsqu’ils sont arrivés à New Delhi, le douanier n’a fait ni une ni deux et a tamponné leurs passeports sur-le-champ. Gaston a osé demander à celui-ci : « How long can we stay here? » Et l’autre de lui répondre : « As long as you can. » et non pas « as you want ». Quel contraste !

Eh bien, ce qui arrive à mes personnages dans le récit, figurez-vous que cela nous est vraiment arrivé à mon conjoint et à moi. Tout à fait la même histoire ! Vous comprenez donc que plusieurs de ces passages « romanesques » sont inspirés d’aventures bien réelles.

Comment avez-vous construit un récit aussi riche entre aventures, souvenirs et réflexions ?
Je me suis basée sur des voyages que j’ai vécus, mais surtout sur un plan que j’ai bâti pour mon roman. Je dois aussi vous avouer que, lorsque je voyage, je tiens toujours un carnet de voyage. Alors, j’en ai plusieurs qui viennent me rappeler, lorsque je les consulte, des incidents, des rencontres et des réflexions sur ce que j’ai vécu à l’époque. Je me suis permis de feuilleter de nouveau quelques-uns de mes carnets. Cela m’a inspirée.

Avez-vous une méthode d’écriture particulière ou travaillez-vous de manière plus intuitive ?
Comme je viens de vous l’indiquer, je détermine au préalable un plan de travail qui prévoit des chapitres spécifiques et qui couvrent la période que je veux raconter. C’est une méthode que j’ai toujours utilisée, que ce soit lors de mes travaux scolaires ou de mes rapports d’analyse que j’ai rédigés au cours de ma carrière de diplomate. Bref, je n’ai fait que continuer à écrire de manière bien méthodique.

Qu’est-ce qui a été le plus difficile dans l’écriture de ce livre ?
D’inclure un retour en arrière sur la vie du personnage principal afin de mieux saisir ce que ce dernier vivait au moment de son opération et comment il allait en venir à raconter son voyage autour du monde. Il fallait réconcilier le tout afin que le(la) lecteur(trice) soit capable de bien suivre le voyage et sa finalité. Je crois que j’y suis parvenue. Enfin, je l’espère !


Le travail d’autrice

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans le métier d’autrice ?
D’écrire tout simplement ! J’aime me plonger dans une histoire mi-vécue, mi-improvisée… Pour moi, l’écriture est un art par lequel je peux m’exprimer et, en quelque sorte, révéler qui je suis… sans prêcher, sans faire de discours, simplement en mettant des mots à la suite les uns des autres tout en espérant qu’ils portent et que celles et ceux qui les liront les apprécieront ou apprendront à les apprécier.

Et à l’inverse, quels sont les principaux défis que vous rencontrez ?
Le principal défi, bien entendu, est que mon ouvrage soit publié. Il y a tellement de maisons d’édition et il y a aussi tellement d’auteur(e)s. Pas facile !

Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui souhaite se lancer dans l’écriture ?
Que la personne le fasse si elle en a envie… Il faut savoir que cela représente plusieurs mois de travail. Il faut s’organiser, se concentrer, se doter d’un œil aguerri, accepter de recommencer certains passages, accepter de faire corriger ses fautes grammaticales, se plier aux aléas du monde de l’édition et surtout viser à accomplir quelque chose que l’on aime.

Aussi, je me dois de le mentionner, je conseille que cet exercice d’écriture ne soit pas lié à l’argent que l’on peut en récolter si on le vend, mais plutôt à la satisfaction d’avoir en main un ouvrage finalisé qu’on avait envie de pondre, qu’on voulait voir édité et qui puisse voyager de main en main, un livre qui, en tout cas en ce qui me concerne pour le présent roman, puisse faire agréablement voyager celles et ceux qui le liront.


La suite et les projets

Envisagez-vous d’écrire d’autres récits de voyage ou dans le même univers ?
Récits de voyage, non ! Pas pour le moment… Je voyage vers d’autres horizons…

Avez-vous des projets littéraires à venir ?
Cela n’est pas exclu de mes activités prochaines. Je crois qu’un autre roman pourrait se mettre en branle sous peu. Je ne peux pas en dire plus pour l’instant si ce n’est qu’il sera aussi inspiré de la vie de personnes qui font partie de mon entourage et dont le parcours sort de l’ordinaire. Ce ne sera pas à travers le voyage cette fois-ci, mais au travers d’un monde en soi…

Pour commander le livre : https://www.editions-amalthee.com/librairie/le-tour-du-monde-en-80-semaines/

Editions Amalthee
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