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Sommaire
Interview avec Maria Lorena Lorente Cazorla – Auteure de Une étrangère à Paris
1) Pouvez-vous vous présenter ?
Je suis Maria, originaire d’Espagne et j’exerce en tant qu’assistante de service sociale. Mon travail est ma vocation et les causes sociaux sont ma passion.
Depuis que j’ai appris à écrire, j’ai toujours eu un petit carnet de portée à main pour consigner mes péripéties et ma créativité débordante. Actuellement, j’utilise l’écriture comme moyen de lutte contre les injustices et de défense des droits des personnes vulnérables. Notamment en mettant en lumière la situation des enfants placés. Ayant moi-même été un enfant placé, je souhaite les aidés en partageant mon expérience et souligner l’importance de la résilience.
Ma plume est authentique et réelle, car elle reflète ce que j’ai vécu.
2) Une étrangère à Paris est un récit autobiographique très intime. À quel moment avez-vous su que votre histoire devait devenir un livre ?
Depuis des années, j’aspire à partager mon récit, car je considère qu’il est essentiel de souligner les injustices et d’illustrer pour la société que les enfants placés peuvent aussi réussir. Mon récit est extrêmement personnel et il contient des aspects que personne n’est au courant. Ceux qui me connaissent vont découvrir un autre aspect de ma personnalité. Je voudrais que les gens réalisent que Paris ne représente pas seulement une ville d’aspirations, d’espérances, d’amour et de possibilités. Elle peut aussi être une cité ponctuée d’épreuves et de solitude. Toutefois, au fil du temps, on peut finir par réussir malgré tout.
3) Le mot « étrangère » est chargé de sens. À quel moment du récit ce sentiment est-il le plus fort ?
Cette sensation d’étrangère m’a accompagné toute ma vie, mais dans ce récit, elle s’est intensifiée. Dans le chapitre 6, je vous expose comment certaines personnes vous rappellent constamment que la France n’est pas votre pays. Ce sentiment se complexifie davantage puisque vous n’êtes également plus dans votre pays d’origine. En France, je suis considérer comme espagnole et en Espagne, je suis devenue la française.
4) Vous racontez ce parcours à travers le regard d’une mère. En quoi la maternité a-t-elle été une force dans les moments les plus difficiles ?
Devenir maman m’a donné une force incroyable, même celle que je ne savais pas en avoir. Je pense que lorsqu’on accède à la maternité, on ne peut pas tout bonnement laisser tomber et renoncer. Dans les moments où je suis au bord de l’abandon, il me suffit de regarder mes enfants pour retrouver la force et persévérer. Je dois me battre parce qu’à partir de ce moment, je ne suis plus seule et il est de ma responsabilité de lutter pour eux. Je crois également qu’il est impératif de se comporter en exemple car, c’est par ce moyen seul que mes enfants pourront développer de belles qualités dans cette société et diffuser le bien avec des valeurs humaines.
5) L’exil est souvent associé à la perte et à la douleur. Mais qu’est-ce que l’exil vous a aussi apporté, humainement ?
Il n’est pas facile de quitter son pays et toutes les personnes qui te sont chères, mais une fois que cela t’arrive, c’est en ce moment que tu fais des découvertes merveilleuses et moins plaisantes. Cela m’aide personnellement à renforcer mon empathie envers des personnes venant de d’autres horizons. Dans mon domaine professionnel, j’ai pris conscience des défis auxquels les familles étrangères sont confrontées, j’arrive à me mettre à leur place. Cela me donne la possibilité de les appuyées davantage, car j’ai moi-même vécu des situations semblables. J’essaie de les encouragées à saisir l’importance de maîtriser le français pour faciliter leur intégration. Je suis très sincère avec eux et je leurs parlent avec transparence, considération et solidarité.
Suite à l’exil, j’ai eu la chance d’explorer diverses cultures et surtout de travailler en équipe au sein d’une unité cosmopolite. Je crois que l’exil est une richesse et un enseignement pour toute la vie.
6) Pensez-vous que l’on cesse un jour de se sentir étrangère ? Et si oui, à quel moment ce sentiment s’est-il transformé en un élan pour construire votre nouvelle vie ?
J’aimerais pouvoir dire oui, mais en toute sincérité et au fond de moi, je pense que je dirai non. Peut-être, il se pourrait que si vous me posez cette question à l’avenir, ma réponse pourrait être différente et cela nécessiterait un véritable effort collaboratif où chacun doit apporter sa contribution.
7) Quel message souhaitez-vous transmettre à travers votre ouvrage ?
Je souhaite transmettre à travers cet ouvrage un message de résilience, de persévérance, d’optimisme…
Pour moi, chaque défi représente une occasion d’apprentissage et d’évolution. Réussir est entre tes mains, car tu es le maître de ta propre existence, tout peut être réalisé si on le désire ardemment. La vie, c’est simplement une question de temps, de patience et de résilience.
8) Avez-vous d’autres projets littéraires à venir ?
Oui, je suis actuellement en train de rédiger mon deuxième livre.
Pour commander le livre : https://www.editions-amalthee.com/librairie/une-etrangere-a-paris/