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Interview avec Xavier Grignon-Dumoulin – Auteur de Servir pour sauver

1) Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis officier dans l’armée de Terre. A l’issue de ma scolarité à l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr de 2012 à 2015, j’ai choisi de servir au sein de l’arme du Génie. Après un an de formation à l’école du Génie d’Angers, j’ai décidé de rejoindre le 1er Régiment d’Instruction et d’Intervention de la Sécurité Civile (1er RIISC). Le 1er août 2016, j’étais donc affecté dans cette unité basée à Nogent-le-Rotrou (28).
J’ai pris le commandement d’une compagnie d’intervention (une centaine de sapeurs-sauveteurs) en 2021. Puis, j’ai rendu le commandement en 2024 avant d’être affecté en région parisienne.


2) Qu’est-ce qui vous a donné l’envie d’écrire Servir pour sauver ?

Initialement ma famille. La particularité de mon unité a toujours interrogé mes proches. De plus, au regard des nombreuses missions réalisées, j’avais envie d’expliquer et de faire connaître nos missions.


3) Pour le grand public qui connaît peu cette unité, comment décririez-vous le rôle et les missions du 1er RIISC ?

Le 1er RIISC, c’est l’assurance-vie des Français en matière de sécurité civile. Une assurance dans le sens où si les moyens locaux sont dépassés, l’Etat pourra toujours déployer ces unités militaires spécialisées dans le secours et l’appui en gestion de crises, dans un délai de trois heures, afin d’aider la population en métropole et à l’outre-mer. Les exemples ne manquent pas : feu de Ribaute dans l’Aude en 2025, inondations dans la vallée de la Vésubie en 2020, cyclone Chido à Mayotte en 2024, etc.
Cette unité militaire, mise pour emploi au profit du ministère de l’Intérieur, associe résilience et savoir-être des militaires, avec la haute technicité et les savoir-faire propres au monde du secours.
Le 1er RIISC est aussi tourné vers l’étranger, toujours avec son contrat opérationnel de partir en trois heures. Classifié INSARAG (International Search and Rescue Advisory Group), label onusien, il est prêt à intervenir lors de tremblement de terre ou de tsunami partout dans le monde. Il possède aussi des compétences certifiées par le mécanisme européen de sécurité civile (traitement de l’eau, feux de forêt, risques technologiques, etc.).


4) Comment avez-vous choisi les interventions et les moments de vie que vous racontez dans le livre ?

J’ai choisi ces épisodes, car je les avais vécus et ils m’avaient marqué. Ils incarnent, selon moi, les grandes étapes de mon parcours comme commandant de compagnie. Parcours qui n’est pas un long fleuve tranquille !


5) Parmi les interventions en France sur lesquelles vous êtes intervenu, laquelle vous a le plus marqué, et pourquoi ?

Toutes resteront dans mes souvenirs. Cependant, la campagne de lutte contre les feux de forêts de 2022, et plus particulièrement l’engagement à Landiras en Gironde, sera toujours pour moi un peu spécial. J’espère qu’à la lecture de mon récit vous découvrirez pourquoi.


6) Vous décrivez les exigences du commandement : comment concilie-t-on leadership, lucidité et engagement dans des situations extrêmes ?

Tout d’abord, cela est en grande partie le résultat de notre formation d’officier. Avant d’être affecté en régiment, le saint-cyrien va réaliser trois ans d’école où les mises en situation de chef ne manquent pas, et où l’on apprend à se connaître soi-même par des stages d’aguerrissement extrêmes. Il va ensuite rejoindre une école d’arme dans laquelle il va apprendre la technicité propre à sa spécialité. Enfin, le leadership passe certes par le savoir-être du chef, mais aussi par le savoir-faire. Cela demande du travail et une grande remise en question. Au sein de la Brigade des Militaires de la Sécurité Civile, la crédibilité du chef passe aussi par le fait qu’avant de devenir chef de section dans un domaine, vous avez passé les qualifications de chef d’équipe et de chef de groupe. Réussir ces étapes renforce votre légitimité technique face à vos subordonnés.
Surtout, je pense qu’une des clés du commandement, est l’adaptation sans cesse du curseur entre la proximité avec ses subordonnés et la capacité à prendre des décisions impartiales pour le succès de la mission.


7) Dans le livre, vous parlez de préparation physique et mentale : comment se prépare-t-on à intervenir dans des conditions aussi variées et imprévisibles ?

On se prépare physiquement et psychologiquement, de manière individuelle et collective. Il n’y a qu’une seule façon de se préparer à ces conditions : le drill, le drill et encore le drill ! Plus on va s’entraîner et répéter les gestes, plus ils vont devenir des actes réflexes. L’idée est que, soumis au stress de l’intervention, chacun puisse le dépasser et remplir la tâche demandée. Je crois sincèrement au dicton « entraînement difficile, guerre facile ».


8) Pour finir, quel message souhaitez-vous transmettre à travers votre témoignage ?

Je souhaite transmettre un message d’humilité et de fierté. Humilité face aux dimensions extraordinaire des interventions et des engagements réalisés. Et de fierté pour ces sapeurs, qui réalisent un métier fabuleux, souvent dans l’ombre. Ils méritent d’être davantage mis en avant.

Pour commander le livre : https://www.editions-amalthee.com/librairie/servir-pour-sauver/

Editions Amalthee
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